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Suivi environnemental du projet de digue de retrait de la RNN du Marais d’Yves (17)

29.12.2020

Les 27 et 28 février 2010, la tempête Xynthia a provoqué d’importants dégâts sur la façade atlantique. En Charente-Maritime, le bilan était particulièrement lourd avec 12 personnes décédées, 70 000 foyers privés d’électricité, etc. L’élaboration de programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI) a constitué l’une des réponses mises en œuvre face à ce risque.

Le PAPI de la Baie d’Yves est la stratégie déployée sur les communes de Châtelaillon, Yves, Fouras et l’Ile d’Aix. Il prévoyait entre autres la création d’une digue de retrait au cœur de la réserve naturelle nationale du marais d’Yves pour la protection du village des Boucholeurs. Les études de conception de cette digue ont, à cette époque (en 2012 !!), été confiées à CREOCEAN et au pôle MAPI de SCE. Elles ont nécessité l’étude d'une dizaine de tracés et l’évaluation à chaque fois des impacts sur l'environnement par les équipes EDA de la Rochelle.

L’originalité et la richesse de cette réserve résident en la géomorphologie très particulière et unique sur le littoral charentais : l’alternance cordons sableux/zones argileuses. Cette configuration permet le développement d’habitats et d’espèces très diversifiés malgré la taille réduite de la réserve (environ 110 ha). Elle profite également d’une grande naturalité qui contraste avec un littoral remanié et aménagé (par exemple la lagune naturelle qui est un reposoir pour des milliers d’oiseaux migrateurs).

Une telle opération au sein d’une réserve naturelle nationale a requis une prise en compte des enjeux environnementaux exemplaire, qui a été retranscrite au sein d’un dossier réglementaire volumineux dont l’élaboration a été confiée à SCE (autorisation « loi sur l’eau », étude d’impact, dérogation pour destruction exceptionnelle ou déplacement d’espèces protégées, évaluation des incidences Natura 2000, Autorisation au titre des réserves naturelles, déclaration d’utilité publique, dossier Commission des sites en Grand site classé, etc.). L’opération a finalement fait l’objet d’une autorisation ministérielle du 14 février 2018, signée de Nicolas Hulot lui-même, suivie d’un arrêté préfectoral le 20/12/2018, qui précisent les exigences de mesures d’évitement, de réduction et de compensation dont SCE a assuré aussi la Maitrise d'œuvre conception.

Et aujourd’hui ?

Le CD17, maître d’ouvrage de cette opération, a confié à SCE une mission d’accompagnement environnemental sur cette opération. Cela englobe des missions de conseil (choix de l’entreprise de travaux) et de contrôle externe de la mise en œuvre des mesures environnementales : mesures de réduction des impacts pendant les travaux (respect d’un planning très contraint par les sensibilités environnementales, respect strict des emprises du projet – chaque mètre carré de la réserve regorgeant d’espèces rares et patrimoniales –, gestion des eaux de ruissellement, gestion des poussières, etc.), mesures de compensation ou d’accompagnement visant à recréer des milieux favorables à la faune et à la flore.

Les premiers travaux de mesures environnementales – réalisés par TREZENCE TP – ont débuté en septembre 2020 pour se finir au cours du mois de novembre en raison des conditions de portance des sols liées à la météo. La mesure illustrée ci-dessous consistait à restaurer une parcelle limitrophe à la réserve, notamment pour l’accueil des oiseaux d’eau. D’anciennes sablières ont ainsi été rendues plus attractives par l’adoucissement de la pente des berges, la création d’ilots centraux et la coupe de roseaux. Ces milieux, une fois que la végétation aura repris sa place, seront entretenus par la mise en place d’un pâturage équin.

Une histoire à suivre en 2021 et 2022…

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